Un volcan explosif à nuées ardentes nommé la Soufrière

La Soufrière est l’un des sites guadeloupéens les plus visités avec près de 500 000 visiteurs, et un volcan en activité situé sur le territoire de la commune de Saint-Claude en Guadeloupe, situé dans le sud de Basse-Terre chef-lieu du département et région d’outre-mer (971), se trouve à une dizaine de kilomètres au sud-ouest des chutes du Carbet sur son flanc est. C’est le seul volcan actif de l’île, actuellement à l’état de repos éruptif.

La Soufrière dans la Caraïbes en Guadeloupe

La Soufrière fait partie d’un ensemble volcanique comprenant plusieurs bouches éruptives qui, en plus du dôme de lave principal, a formé plusieurs autres dômes, cônes [Morne Carmichaël, la Citerne, etc.] et cratères, des sources chaudes et zones de fumerolles sont apparues au niveau des zones les plus actives.

Le sommet de la Soufrière, appelé La Découverte, culmine à une altitude de 1 467 mètres2,1 ; c’est le plus haut sommet de la Guadeloupe et des petites Antilles2. Ce dôme de lave prend la forme d’un cône tronqué de 900 mètres de diamètre à sa base. Il n’y a pas de véritable cratère mais plusieurs bouches éruptives, des gouffres d’où s’échappent des vapeurs sulfureuses et des entailles profondes. Le paysage est rocheux et chaotique, quasi lunaire, hérissé de pitons. Il est souvent recouvert de brumes. Plusieurs pistes balisées parcourent le sommet volcanique.

Depuis 10 000 ans en Guadeloupe

C’est un volcan actif de type péléen — explosif à nuées ardentes —, donc très dangereux, et de formation récente (100 000 à 200 000 ans)2. Son activité est marquée par des fumerolles, des vapeurs sulfureuses et des sources chaudes sur différents points du sommet. Il est le seul à être actif en Guadeloupe depuis les dernières 10 000 années.

La végétation sur les flancs de la Soufrière est remarquable pour sa biodiversité. Elle s’étage sur trois niveaux :
la forêt tropicale dense jusqu’à 1 100 mètres.
les maquis humides denses, entre 1 100 et 1 400 mètres, composés d’arbustes ne dépassant pas deux mètres de hauteur (entre autres, Schefflera attenuata, Clusia mangle, Miconia coriacea).
les prairies sommitales d’où émergent des bromeliaceae : Guzmania plumieri omniprésent, et surtout Pitcairnia bifrons, espèce pionnière présente jusqu’au bord des bouches éruptives.

73 600 personnes évacués en urgence

La dernière éruption de la Soufrière date de 1976, il s’agissait d’une éruption phréatique. Elle a conduit à l’évacuation de la partie sud de la Basse-Terre ainsi que de la préfecture, soit 73 600 personnes sur trois mois et demi. Aucun mort n’a été déploré.

À partir de 1975, un certain nombre de tremblements de terre (16 000 séismes et 26 explosions sont répertoriés de 1975 à 1977) ont alerté les sismographes de l’observatoire volcanologique. Ces secousses sont allées en s’intensifiant dans le courant de l’année 1976. Dès novembre 1975, le préfet fut averti des dangers potentiels et de la nécessité de mettre en place un plan d’évacuation.

Séisme et première explosion

La première explosion eut lieu le 8 juillet 1976. Les séismes ont très probablement réactivé une série de failles colmatées par de vieux matériaux (argiles et roches magmatiques). Cette crise de tremblements de terre fut la cause vraisemblable de la baisse brutale de la pression accumulée à l’intérieur d’une nappe captive chauffée, telle une cocotte-minute, par les gaz échappés du magma profond, provoquant la pulvérisation de roches, et la sortie de coulées de boues, de gaz acides et de vapeurs d’eau.

25 000 personnes du sud de Basse-Terre évacuèrent spontanément la zone pour se réfugier vers la Grande-Terre, hors d’atteinte. L’activité volcanique continua encore quelques mois après cette éruption, avec d’autres coulées de boues et émissions de cendres. Le 8 juillet 1976, un important lahar dévale la vallée de la rivière du Carbet sur 3,5 km de longueur.

Il a 30 à 50 mètres de largeur et une épaisseur de 15 à 20 mètres. Un second dévale la rivière du Galion le 30 août 1976. Le 15 août, l’évacuation totale et obligatoire du sud de Basse-Terre fut ordonnée. Elle dura jusqu’au 18 novembre 1976.

Une nappe d’eau à faible profondeur

Une polémique très médiatisée éclata entre les scientifiques Claude Allègre et Haroun Tazieff sur la nécessité de l’évacuation.

Claude Allègre préconisa l’évacuation de la population, affirmant catégoriquement qu’avec l’hypothèse de l’intrusion magmatique, l’éruption serait grave, alors qu’Haroun Tazieff soutint que l’éruption était sans danger, toutes les analyses d’échantillons prélevés sur le volcan établissant qu’il n’y avait pas de montée de magma frais et qu’il s’agissait uniquement d’un phénomène phréatique. Le préfet décida tout de même l’évacuation mais l’éruption ne fit d’autres dommages que matériels.

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La Soufrière de Guadeloupe

Volcan guadeloupe

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